Divorce judiciaire : procédure et types de divorces contentieux

Le divorce judiciaire constitue l’une des formes possibles de divorce en droit français.
Il regroupe les procédures de divorce soumises au juge aux affaires familiales.
Dans tous les cas, chaque époux doit obligatoirement être assisté de son propre avocat.
Cette page est consacrée au divorce judiciaire.
Une page distincte est dédiée au divorce par consentement mutuel.
Les différents fondements dans un divorce judiciaire
Le divorce judiciaire peut être fondé sur :
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l’acceptation du principe de la rupture du mariage ;
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la faute ;
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l’altération définitive du lien conjugal ;
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et, dans certains cas limités, le consentement mutuel judiciaire.
Divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage
Le divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage intervient lorsque les époux sont d’accord sur le principe du divorce, mais pas nécessairement sur ses conséquences (prestation compensatoire, liquidation du régime matrimonial, organisation concernant les enfants, etc.).
L’acceptation du principe de la rupture peut être constatée par un procès-verbal établi par le juge. Cette acceptation est alors irrévocable, ce qui signifie que les époux ne peuvent plus revenir sur leur accord concernant le principe du divorce.
Le Juge aux affaires familiales reste chargé de trancher les conséquences du divorce sur lesquelles les époux ne parviennent pas à s’entendre.
Divorce pour faute
Le divorce pour faute suppose des faits constitutifs d’une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, rendant intolérable le maintien de la vie commune.
Peuvent notamment être invoqués, selon les situations : des violences physiques ou psychologiques, un adultère ou des comportements d’infidélité, des manquements au devoir de respect, un défaut de contribution aux charges du mariage, un manquement aux obligations envers les enfants, etc.
Ces faits doivent être graves ou renouvelés, volontaires et rendre insupportable la vie commune.
En pratique, la démonstration d’une faute au sens de la loi suppose l’administration de preuves suffisantes et précises, ce qui rend le divorce difficile à obtenir sur ce fondement.
Divorce pour altération définitive du lien conjugal
Le divorce pour altération définitive du lien conjugal repose sur la cessation effective de la vie commune.
Depuis la réforme, la séparation doit avoir durée au moins un an à la date de l’assignation en divorce, ou de la décision qui prononce le divorce si le fondement n’a pas été indiqué dans l’assignation.
Lorsque ces conditions sont réunies, le juge doit prononcer le divorce sur ce fondement (sous réserve d’une éventuelle demande en divorce pour faute par l’autre époux).
Divorce par consentement mutuel judiciaire
Le divorce par consentement mutuel judiciaire intervient lorsque les époux sont d’accord à la fois sur le principe du divorce et sur toutes ses conséquences, mais que la loi impose néanmoins l’intervention du juge.
Cette situation se présente principalement lorsque un enfant mineur demande à être entendu par le juge ou lorsque l’un des époux est placé sous un régime de protection juridique.
Les époux présentent alors une convention réglant l’ensemble des effets du divorce, que le juge examine afin de vérifier la liberté du consentement des époux et la préservation des intérêts de chacun et des enfants avant de prononcer le divorce.
La procédure de divorce judiciaire depuis 2021
Depuis le 1er janvier 2021, la procédure de divorce judiciaire se déroule en deux phases : les mesures provisoires, puis le prononcé du divorce.
L’instance est introduite par une assignation délivrée par voie de commissaire de justice ou, dans certains cas, par une requête conjointe des époux.
La demande doit comporter une proposition de règlement des intérêts patrimoniaux des époux.
Des mesures provisoires peuvent être sollicitées dès l’introduction de l’instance. Le cas échéant, elles s’appliquent jusqu’au prononcé du divorce.
Quel juge est compétent pour connaître du divorce ?
Le divorce judiciaire relève de la compétence du juge aux affaires familiales (JAF).
La compétence territoriale est déterminée en principe par le lieu de résidence de la famille.
En cas de séparation des époux, le juge compétent est notamment celui du lieu où résident habituellement les enfants mineurs, lorsque l’autorité parentale est exercée conjointement.
À défaut, il s’agit du juge du lieu où réside l’époux défendeur.
En cas de demande conjointe, les époux peuvent saisir le juge du lieu de résidence de l’un ou de l’autre.
L’audience d’orientation et sur mesures provisoires
Lors de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires, le juge peut statuer provisoirement sur l’organisation de la séparation.
Il peut notamment :
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autoriser les époux à résider séparément ;
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attribuer la jouissance du logement familial ;
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fixer une pension alimentaire au titre du devoir de secours ;
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statuer sur la résidence des enfants et le droit de visite et d’hébergement ;
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accorder des provisions ou désigner un notaire en vue de la liquidation du régime matrimonial.
Ces mesures s’appliquent jusqu’au jugement de divorce, sauf modification en cas de fait nouveau.
Peut-on modifier les mesures provisoires avant le jugement de divorce ?
Les mesures provisoires fixées lors de l’audience d’orientation s’appliquent en principe jusqu’au jugement définitif du divorce.
Toutefois, en cas de fait nouveau intervenu postérieurement à l’ordonnance sur mesures provisoires, il est possible de saisir à nouveau le juge aux affaires familiales afin de solliciter leur modification.
La demande doit être justifiée par un élément nouveau affectant la situation des époux ou des enfants.
Le juge apprécie alors si les circonstances invoquées justifient une adaptation des mesures initialement ordonnées.
Quelles mesures le juge peut-il prononcer dans le jugement de divorce ?
Lorsque le juge aux affaires familiales prononce le divorce, il ne se limite pas à constater la rupture du mariage. Il doit également statuer sur l’ensemble des conséquences de cette rupture, tant à l’égard des enfants qu’entre les époux.
Les mesures concernant les enfants
Le juge organise concrètement la vie des enfants après la séparation. Il statue notamment sur :
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Les modalités d’exercice de l’autorité parentale, en principe conjointe
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La fixation de la résidence des enfants, au domicile de l’un des parents ou en résidence alternée
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Le droit de visite et d’hébergement du parent chez qui l’enfant ne réside pas
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La contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants, généralement sous la forme d’une pension alimentaire
Ces décisions sont prises en considération de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Les mesures concernant les époux
Le jugement de divorce règle également les conséquences patrimoniales et personnelles entre les époux.
Le divorce met fin au devoir de secours. Toutefois, l’un des époux peut solliciter le versement d’une prestation compensatoire destinée à compenser la disparité que la rupture crée dans leurs conditions de vie respectives.
Le juge peut également :
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Ordonner la liquidation et le partage du régime matrimonial
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Statuer sur le sort du logement familial
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Se prononcer sur l’attribution du droit au bail lorsque le logement est loué
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Décider d’un maintien temporaire dans l’indivision ou d’une attribution préférentielle
Ainsi, le jugement de divorce organise l’ensemble des conséquences civiles de la séparation, qu’elles concernent les enfants ou le patrimoine des époux.
Peut-on changer de type de divorce en cours de procédure ?
Des passerelles existent entre les différents fondements du divorce judiciaire.
À tout moment de la procédure, les époux peuvent demander que le divorce soit prononcé pour acceptation du principe de la rupture du mariage.
Il est également possible, lorsque les conditions sont réunies, de présenter une convention afin que le divorce soit prononcé par consentement mutuel judiciaire.
Lorsque l’un des époux demande le divorce pour altération définitive du lien conjugal et que l’autre invoque une faute, le juge examine en priorité la demande fondée sur la faute.
Ces mécanismes permettent d’adapter la procédure à l’évolution du litige. Pour plus d’informations sur les différentes procédures, vous pouvez également consulter les informations disponibles sur le site service-public.fr.
Divorce judiciaire et ordonnance de protection
Lorsqu’une ordonnance de protection a été rendue en raison de violences au sein du couple, l’introduction d’une procédure de divorce judiciaire peut intervenir pendant la durée des mesures de protection.
En principe, les mesures ordonnées au titre de l’ordonnance de protection continuent de produire effet jusqu’au jugement définitif du divorce.
Toutefois, le juge saisi du divorce peut décider que ses propres mesures provisoires se substituent à celles issues de l’ordonnance de protection, notamment s’agissant du logement, de l’autorité parentale ou des contributions financières.
À compter de l’introduction du divorce, toute demande relative à la modification, à la prolongation ou à la mainlevée des mesures de protection doit être présentée au juge aux affaires familiales saisi du divorce.
Recours contre les décisions rendues au cours de la procédure de divorce
La décision rendue par le juge aux affaires familiales peut, selon les cas, faire l’objet d’un appel.
L’ordonnance rendue à l’issue de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires peut faire l’objet d’un appel dans un délai de quinze jours à compter de sa signification.
Le jugement de divorce peut faire l’objet d’un appel dans un délai d’un mois à compter de sa signification.
L’appel n’est pas suspensif en ce qui concerne les dispositions relatives aux enfants et aux obligations alimentaires.
Questions fréquentes sur le divorce judiciaire
Quels sont les différents types de divorce judiciaire ?
Les divorces judiciaires comprennent le divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage, le divorce pour faute et le divorce pour altération définitive du lien conjugal.
Dans certains cas particuliers, le divorce peut également être prononcé judiciairement par consentement mutuel.
Est-il obligatoire d’avoir un avocat dans un divorce judiciaire ?
Oui. Dans toute procédure de divorce judiciaire, chacun des époux doit obligatoirement être assisté de son propre avocat.
Depuis combien de temps faut-il être séparé pour un divorce pour altération définitive du lien conjugal ?
La cessation effective de la vie commune doit durer au moins un an à la date de l’assignation en divorce, ou du prononcé du divorce si le fondement n’est pas précisé dans l’assignation.
Lorsque cette condition est remplie, le juge doit prononcer le divorce.
Peut-on modifier les mesures provisoires avant le jugement de divorce ?
Oui. En cas de fait nouveau intervenu après l’ordonnance sur mesures provisoires, il est possible de saisir à nouveau le juge aux affaires familiales afin de solliciter la modification des mesures initialement ordonnées. Cela peut notamment concerner la résidence des enfants ou les contributions financières.
La demande doit être justifiée par un élément nouveau affectant la situation des époux ou des enfants.
Peut-on faire appel d’une ordonnance sur mesures provisoires ?
Oui. L’ordonnance rendue à l’issue de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires peut faire l’objet d’un appel dans un délai de quinze jours à compter de sa signification.
Peut-on changer de type de divorce en cours de procédure ?
Oui. Des passerelles existent entre les différents fondements du divorce judiciaire.
Les époux peuvent notamment demander à tout moment que le divorce soit prononcé pour acceptation du principe de la rupture du mariage.
Dans certaines conditions, il est également possible d’évoluer vers un divorce par consentement mutuel judiciaire.
Quel est le délai d’appel du jugement de divorce ?
Le jugement de divorce peut être frappé d’appel dans un délai d’un mois à compter de sa signification.
Que se passe-t-il si une ordonnance de protection est en cours pendant la procédure de divorce judiciaire ?
Les mesures ordonnées dans le cadre d’une ordonnance de protection continuent en principe de produire effet jusqu’au jugement définitif du divorce.
Le juge saisi du divorce peut toutefois décider que ses propres mesures provisoires se substituent à celles issues de l’ordonnance de protection.
Toute demande de modification ou de prolongation des mesures de protection doit être présentée au juge aux affaires familiales saisi du divorce.
Être accompagné dans une procédure de divorce judiciaire
Une procédure de divorce judiciaire engage des enjeux personnels, parentaux et patrimoniaux importants. Le choix du fondement et la stratégie procédurale peuvent avoir des conséquences déterminantes.
Chaque situation nécessite une analyse précise des éléments de fait et de droit.
Avocate en droit de la famille à Paris, je vous accompagne dans les procédures de divorce judiciaire, devant le Tribunal judiciaire de Paris et partout en France, en veillant à défendre au mieux vos intérêts à chaque étape de la procédure.
Pour toute question relative à une procédure de divorce judiciaire, vous pouvez me contacter via le formulaire du site ou par téléphone afin d’évoquer votre situation.


